Réduction des temps de trajet en France au XIXème

Les données relatives aux évaluations des durées des trajets sont issues du document "Carte d'Accélération des voyages en France" Ministère des travaux publics, Archives de la statistique graphique, Paris 1888.

Les données recueillies sont très intéressantes pour mesurer le plus factuellement possible l'impact de l'évolution des infrastructures en fonction des années.

Avant de tenter des corrélations entre les grandes innovations du XIXème siècle, voici les données brutes extraites de ce document :

Durée des trajets entre Paris et la ville ci-dessous
évaluée en 1887 pour les six années
1650 (milieu du XVIIème), 1782,1814,1834,1854,1887 (données brutes)

 

1650

1782

1814

1834

1854

1887

Calais

123:00

60:00

40:00

28:00

6:40

4:32

Lille

105:00

42:00

34:00

22:00

4:50

3:50

Mézières

110:00

40:00

34:00

22:00

17:00

5:06

Forbach

171:00

93:00

55:00

38:00

10:50

09:42

Strasbourg

218:00

108:00

70:00

47:00

10:40

08:40

Belfort

182:00

98:00

59:00

39:00

17:51

07:15

Besançon

166:00

92:00

57:00

37:00

15:51

08:00

Genève

245:00

158:00

75:00

48:00

19:51

11:30

Nice

438:00

221:00

140:00

98:00

35:30

18:24

Marseille

359:00

184:00

112:00

80:00

38:20

13:58

Montpellier

356:00

193:00

112:00

77:00

42:49

15:38

Toulouse

330:00

198:00

104:00

70:00

31:15

15:13

Bayonne

358:00

200:00

116:00

64:00

27:45

11:51

La Rochelle

227:00

108:00

72:00

41:00

19:05

09:11

Nantes

172:00

90:00

56:00

37:00

9:33

07:23

Brest

270:00

175:00

87:00

61:00

36:00

13:31

Le Havre

97:00

52:00

31:00

17:00

5:15

04:10

Traitement statistisque (hors document original)

Mediane

218:00

108:00

70:00

41:00

17:51

9:11

Graphiquement nous pouvons visualiser cette accélération en se focalisant sur le facteur d'évolution (représentation en courbe logarithmique). Ceci donne la représentation suivante :

Cette courbe fait apparaître nettement une accélération de la réduction des durées de trajet à partir de 1830, qui ensuite se résorbe vers 1850.

Courbe comparée des causes et des effets

Nous nous proposons de corréler graphiquement cette analyse avec, a minima, les deux évènements qui ont fortement impacté les infrastructures au XIXème siècle, à savoir l'explosion du nombre de constructions de pont suspendu qui débuta vers 1825, et la mise en place des chemins de fer qui ne débuta réellement en France que vers 1850 !

Les données relatives au chemin de fer sont issues de "La révolution Industrielle" - p 84- construction de chemin de fer en France - accroissements decenaux en km. Ces données sont elles-mêmes tirées de "J. Marczewski, y-a-t-il eu un take off en France?" p. 83. La base 100 correspond à l 'état mesuré en 1880.

Les données relatives aux ponts en service au XIXème sont issues de notre base, dans son état au 20-04-2006 (656 ouvrages identifiés, dont 548 en service en 1880). La base 100 correspond à l'état mesuré en 1880.

Les données relatives aux réductions des durées de trajet sont issues du document ci-dessus : "Carte d'Accélération des voyages en France" Ministère des travaux publics, Archives de la statistique graphique, Paris 1888. Nous avons choisi une représentation logarithmique basée sur la médiane des courbes ci-dessus, pour nous focaliser sur les facteurs de progression, plutôt que sur la valeur intrinsèque du trajet. La base 100 correspond à l'état mesuré en 1700.

Graphiquement nous obtenons alors les trois courbes suivantes :

La vue et le positionnement de ces 3 courbes sont saississants. Attention toutefois à éviter des conclusions trop hâtives. La logique conduirait à conclure que la multiplication exceptionnelle de la construction des ponts entre 1830 et 1850 a eu un impact relatif très significatif sur la réduction des trajets en France au XIXème, et globalement en proportion plus significatif que l'introduction des chemins de fer ! Mais nous ne devons pas écarter :

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