Le franchissement des fleuves : un véritable enjeu stratégique

Un impératif : la maitrise complète du dispositif de franchissement

Le franchissement de fleuves a depuis l’origine toujours été un dilemme du pouvoir en place : fallait-il privilégier le confort que procure ce rempart, ou bien fallait-il favoriser l’ouverture vers le monde, et développer les relations commerciales, industrielles et culturelles.

Dans un monde a priori hostile, la frontière que représentait le fleuve devait impérativement rester sous le contrôle de l’autorité locale. Il était vital, dans un environnement politique incertain, de pouvoir couper les liens avec l’autre rive et donc d’éviter des invasions néfastes.

Le bac s'imposa rapidement comme le dispositif offrant le meilleur compromis, notamment sur cet aspect stratégique.

Cet aspect stratégique n'est pas à sous-estimer, et il explique certainement, dans certaines régions particulièrement instables, l'absence de dispositifs rigides.
Pour renforcer cette assertion, nous pouvons nous appuyer sur le cas invraisemblable dans un contexte plus actuel, qui conduit Louis XIII et Richelieu à faire détruire le pont naturel du "Pont d'Arc" à Vallon en 1639. Vraisemblablement le fait que le pont d'Avignon ne fut pas réparé et laissé en l'état pendant tous ces siècles, provient-il, en partie, de cette peur de l'autre rive.

Les nouveaux ponts suspendus répondent à cet impératif.

Cette peur subsistent même en 1845, comme le montre la pièce d'archives ci-contre. Mais les ponts suspendus, comme les bacs, répondent au critère car permettent très facilement de suspendre le service.

Il s'avère par ailleurs, comme lors de la guerre de 1870, que si les destructions dues la guerre sont effectivement nombreuses, la reprise de service est en général rapide, car les piles demeurent intactes.

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