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Pont de St-Gervais en Isère

Pont de St-Gervais en Isère - 1839

Fleuve franchi : l'Isère, département : Isère, à proximité : St-Gervais
Type d'ouvrage : Pont suspendu en fil de fer
Architecte(s) : Escarraguel freres - ; Compagnie(s) : Sté pont de St-Gervais & route de Tullins - .
Longueur totale : 93m, Nombre d'arches/travées : 1, Plus grande portée : 93m
Décret, le : 2/9/1837 - Ouverture au public : 10/8/1839 - Durée concession : 70 ans - Coût de construction : 115000 Fr - Subvention : 40000 Fr
Version du texte : V1.8, Niveau de fiabilité : excellent

Plan

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Références :
1 - Bulletin des lois - 1837 du 2/9/1837
2 - Archives départementales de l'Isère
3 - Bulletin des lois - 1838 du 16/9/1838
4 - Bulletin des lois - 1838 du 16/9/1838
5 - Bulletin des lois - 1838 du 16/9/1838
6 - Bulletin des lois - 1838 du 16/9/1838
7 - Bulletin des lois - 1838 du 16/9/1838

Un pont suspendu financé partiellement par le Ministère de la Marine !

Le projet de construction du pont de Saint Gervais sur l'Isère répondait à un objectif précis : faciliter le transport des pièces produites par la Fonderie Royale des canons de la Marine, située dans ce village. Le pont fut donc mis en place précisément devant cette fonderie, en remplacement du bac qui officiait ici. Le cahier des Charges fut établi le 26 Juillet 1837, et précisait que la construction du pont durerait au maximum 18 mois.

L'ordonnance royale autorisant la construction du pont fut publiée le 2 Sept 1837.

L'adjudication fut faite le 7 Septembre 1837 en faveur d'architectes et entrepreneurs bordelais, les frères Escarraguel, mais officiellement approuvée le 15/1/1838. Les frères Seguin, ainsi que l'architecte Adolphe Boulland avaient eux aussi aussi soumissionné mais sans succès. Le processus d'adjudication était assez spécial : le préfet sélectionnait parmi les soumissionnaires qui satisfaisaient les conditions techniques, celui qui offrait la durée de concession la plus courte (transmise sous pli cacheté et ouvert en présence de témoins), dans ce cas les frères Escarraguel. L'investissement total est alors estimé à 115 000 Fr environ.

Selon (3), les frères Escarraguel (Louis-Isnel et Dominique) formèrent une Société, la Société du pont de St-Gervais et de la route royale de Tullins qui fut autorisée par ordonnance du 16/9/1838. Cette société comprenait aussi d'autres investisseurs au nom de Perpignan, Raba, Lopes-Dias et avait pour objet non-seulement la construction et l'exploitation dudit pont, mais aussi la rectification de la route royale N°92 de Valence à Seyssel, sur le tronçon de l'Albenc à Tullins et de son péage.
Le fait le plus curieux dans la construction du pont est la participation financière du Département de la Marine à hauteur de 20 000 Fr, soit la moitié de la subvention apportée par l'Etat à la construction du pont s'élevant dans ce cas précis à 40 000 Fr. En contrepartie de son investissement, l'entrepreneur bénéficie d'une concession d'exploitation du pont d'une durée de 70 ans.

Après des épreuves passées avec succès les 9 et 10 Juillet 1839, le pont fut finalement ouvert au public le 10 Août 1839. Il présente les caractéristiques suivante : une longueur de 93,15 m et une largeur de tablier de 4,50 m (très proches des caractéristiques du pont voisin de La Sône).

L'entretien du pont défectueux !

Nombre sont les défaillances et accidents qui vont jalonner la vie de l'ouvrage.

  • Dès 1842, un premier bilan fait apparaître l'absolue nécessité de procéder à des réparations: le plancher est considéré sans résistance, seuls 2 câbles sur les 4 supportent effectivement le tablier, et pour finir les culées sont lézardées.
  • Le 7 Juillet 1846, un accident a lieu et blesse semble-t-il un usager, par faute de résistance du plancher du tablier. Il est alors exigé du concessionnaire qu'il change l'ensemble de plancher pour un plancher en chêne
  • Les 2 et 8 Sept 1867 il y a rupture de câble, du fait d'une oxydation avancée au niveau des culées, par infiltration d'eau.

Tout ceci force le concessionnaire bordelais à de lourdes réparations et à de nouvelles épreuves du pont.

Dans les années qui suivirent, l'Etat n'eut plus beaucoup à se plaindre de son concessionnaire et le rachat de la concession se conclut le 14/8/1887, conformément à la loi de 1880, pour une somme de 25 000 Fr.