Varagnes

Texte issu de la présentation de Varagnes, proposée à l'occasion des Journées du Patrimoine des 18 et 19 Septembre 2004

Introduction

Après dix-neuf années passées à l'Abbaye de Fontenay en Bourgogne, Marc Seguin décide en 1859 de revenir à proximité d'Annonay et y passe les 15 dernières années de sa vie. Il achète la propriété de Varagnes qu'il fait aménager selon ses plans.

Présentation générale

Varagnes est certainement une demeure unique en son genre. Elle a été modelée pour les besoins d'un savant du 19ème siècle et est ainsi devenue un merveilleux témoignage de cette époque.

On ne peut parler de cette demeure sans évoquer les descendants de Marc Seguin et d'abord Augustin Seguin (l'un de ses 19 enfants) qui a aidé son père à aménager Varagnes et a donné à cette maison le charme qu'on lui connaît. Augustin était non seulement un ingénieur et un industriel mais aussi un artiste (il faisait partie de l'école de peinture de Lyon) et un voyageur infatigable (il visite en particulier l'ouest des Etats-Unis en 1880, quelques années après la guerre de sécession et alors même que certaines tribus indiennes sont encore hostiles).

Varagnes est inscrite sur la liste supplémentaire des monuments historiques. Le Conseil Général de l'Ardèche et la Direction des Affaires Culturelles de la Région Rhône-Alpes ont participé à la rénovation de la serre et de l'observatoire.

Parc

Le parc fut planté par Augustin Seguin. Il a été presque totalement détruit par la tempête de décembre 1999. Parmi les "rescapés", on notera, vers l'entrée, un cèdre du Liban. Un bassin, près d'une petite maison dite de "poupée", a été longtemps entouré d'un petit chemin de fer. La "maison de poupée" était réservée aux petites filles. Elle était autrefois aménagée avec des meubles et ustensiles de cuisine à la dimension de leurs occupantes!

La Chapelle

La chapelle atteste de l'attachement de Marc Seguin à la religion. L'abside de la chapelle fut peinte par Augustin Seguin; elle reproduit une fresque de Tiepolo.

La chapelle est ouverte vers l'extérieur et recevait en fait tout le voisinage de Varagnes. Les plus anciens d'entre nous se souviennent encore des messes de Varagnes, notamment celle du 15 août.

Séchoir

L'étrange bâtiment en demi-cercle abrite en fait un séchoir et est le prolongement du lavoir. A ses pieds se trouvait autrefois une serre potagère chauffée. Lorsque le linge humide était étendu dans le séchoir, de petites trappes étaient ouvertes et l'air chaud qui s'échappait ainsi de la serre séchait le linge.

Serre

L'attirance de Marc Seguin pour les serres lui vint de ses voyages en Angleterre dans les années 1820-1830, époque à laquelle les premières grandes serres anglaises firent leur apparition. La serre de Varagnes est un bâtiment unique du fait de sa double paroi dont Marc Seguin a compris l'intérêt thermique. Sa forme est destinée à favoriser les mouvements de convection de l'air. Elle était chauffée en hiver grâce à un chauffage à air pulsé -une prouesse technique à l'époque. La décoration (aujourd'hui disparue) témoignait de l'influence "classique" de l'époque. Les statues ont été réalisées par Augustin Seguin, primé à cette occasion par l'Ecole des Beaux Arts de Lyon.

Cour du Nord / Bibliothèque / Observatoire

Cette belle cour montre certains bâtiments de Varagnes tels qu'ils existaient avant l'aménagement des lieux par Marc Seguin; il ne subsiste aucun plan mais il est clair que les bâtiments du sud ont été profondément modifiés tandis que ceux du nord ont été seulement aménagés. Les bâtiments du nord abritent au rez-de-chaussée notamment une forge, une écurie, une menuiserie et un "bûcher'. Au-dessus ont été installés une bibliothèque, une salle de dessin, une salle dite de classe où Augustin faisait travailler ses enfants pendant l'été (Paul Bourget y donna des répétitions) et un observatoire construit par Marc Seguin avec l'aide et selon les plans de Herschel, l'un des meilleurs astronomes du XIXe siècle. L'observatoire a été abîmé par la tempête de décembre 1999 et les dômes ont été refaits selon les mêmes techniques. Ces différents bâtiments ne peuvent malheureusement pas être visités.

La "Cour des poules"

De cette cour, Rose Seguin-Bechetoille a fait des dessins magnifiques. Deux ateliers qui ont été récemment rénovés, s'ouvrent sur cette cour.

Ateliers de mécanique et de chimie

L'atelier de chimie a été reconstitué quasiment à l'identique mais tous les produits sont "d'époque" !

L'atelier de mécanique abrite des tours à bois et à métaux entraînés par un moteur fabriqué par Panhard sous licence Daimler. Il fut acheté en 1895 par les frères Peugeot et revendu à Louis Seguin en 1898. C'est dans cet atelier que Laurent Seguin fit dans les années 1930 des démonstrations de la dernière (en date) des inventions Seguin: le "Stroborama" qui était utilisé pour mesurer la vitesse de rotation de machines.

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